Budget 2020 : prenons au sérieux le vieillissement de la population et le dérèglement climatique !

Lors du conseil de ce 9 décembre, Samuel Dufranne, chef de groupe Ecolo, a pris la parole pour défendre la position d’Ecolo sur le budget de la majorité socialiste. Selon Ecolo, plusieurs groupes cibles et thématiques sont oubliés (jeunes, mobilité, public précarisé…). Néanmoins certains investissements vont dans le bon sens (rénovations de plaines de jeux, des économies d’énergie dans les bâtiments publics…). Voici cette intervention :

 Ce ne sont pas (que) des chiffres que nous discutons ici, mais des moyens pour des politique. 

Ces chiffres nous les avons mis en parallèle avec le plan stratégiques transversal (PST). Il y a déjà une différence entre le résultat attendu dans le PST et le budget proposé ici. Nous demandons que le Collège puisse dès lors adapter la prévision pluriannuelle du PST. 

Des éléments intéressants

Ce budget, soulignons-le, a plusieurs aspects intéressants : rénovations de voiries, investissements dans de l’isolation ou dans des économies d’énergie pour des infrastructures publiques, réaménagements de plaines de jeux, de la plaine des sports de Montegnée, budget pour des gobelets en plastique réutilisable, investissement dans le CREAVES, ambition pour l’école des peupliers… 

Des enjeux insuffisamment pris en compte

Nous souhaitons néanmoins attirer l’attention sur quelques enjeux au travers de différents groupes cibles : 

  • Nous pensons à Yolande de la friterie de la Marjolaine, aux pharmaciens de la commune, à d’autres commerces encore qui ont subi ces dernières années une agression pour faciliter le vol… Eux, qui souvent triment, ne verront pas d’aide en 2020 pour sécuriser leurs activités, qui ont pourtant un rôle crucial dans la cohésion de nos quartiers. En plus des agressions, ils sont seuls pour faire face aux dépenses pour se sécuriser. 
  • Nous pensons aussi à tous les parents d’enfants en âge de rouler à vélo ou aux travailleurs qui se mettent au vélo vu les éternels bouchons en ville. Rien pour eux, rien pour la mobilité douce, rien pour la sécurité de nos enfants. 
  • Nous pensons aux personnes les plus précarisées de notre commune. Quelles nouvelles actions hormis, bien sûr, l’aide structurelle au CPAS encore élargie cette année ? Car c’est dans toutes les politiques que la lutte contre la précarité doit s’effectuer. 
  • Et nos jeunes ? Et la participation ? Nous avons cherché après l’investissement en ressources humaines pour redéployer une politique jeunesse, en vain. Rien non plus, ou trop peu, pour la mise en place d’un soutien réel à la transparence et à la participation citoyenne. 
  • Enfin, nos concitoyens auront-ils une commune plus propre en 2020 ? Pas encore beaucoup, les investissements en poubelles publiques se font attendre, même si, soulignons-le, le tri sera amélioré dans la trentaine de poubelles existantes. 

Mais soyons de bons comptes : les finances communales sont extrêmement tendues. Les choix d’investissement sont évidemment cornéliens. Et donc il est extrêmement difficile, on le voit bien ici, de colorer un budget politiquement. Il est très difficile d’apporter autre chose qu’une vue de bonne gestion.

Des défis à moyen terme… devenus urgents !

Pour autant, il y a 2 tendances de fond connues depuis des décennies maintenant, auxquelles on tarde à donner des réponses à la hauteur des enjeux :

  • le réchauffement climatique (nous sommes en pleine conférence mondiale sur le sujet) et
  • le vieillissement de la population.

Payer les pensions, rénover l’espace public en tenant compte des nouveaux besoins, déployer des politiques de mobilité cohérentes par rapport au plan Climat, faciliter massivement l’investissement dans l’isolation du bâti privé ou public, assurer aux plus précaires les mêmes chances pour faire face aux défis liés aux changements climatiques… Voilà autant d’inquiétudes qui nous semblent, ce soir, à la lecture du budget, encore insuffisamment prises en compte. Nous nous abstiendrons donc.