Suite au point déposé par le PTB pour une taxe sociale sur les déchets, nous avons répondu ceci. Cette réponse fait suite à un débat dans lequel la Commune adhère finalement à la Ressourcerie du Pays de Liège pour les encombrants.

Nous respectons la proposition du PTB sur sa finalité. Nous ne partageons pas son approche. 

Tout d’abord nous nous sommes engagés collectivement à assumer le coût de la ressourcerie ; nous pensons qu’il faut construire des accords de manière collective et rechercher des compromis car la lutte contre la pauvreté comme celle contre les déchets, mérite un réel engagement collectif, c’est évident. 

Eviter de creuser les inégalités

Et si la commune peut effectivement faire plus, en la matière votre approche est irréaliste : exonérer purement et simplement autant de catégories revient en fait à une chose : faire basculer la classe moyenne dans la précarité et accentuer le fossé avec les plus nantis. La seule approche cohérente si l’on s’en tient à la taxation est de le faire proportionnellement aux revenus et au nombre de membres du ménage. 

Mais c’est une thématique plus large. Vos motivations intéressantes sur la crise climatique ne se retrouvent pas dans votre projet de délibération, c’est probablement qu’il ne s’agit là que d’un argument de communication. Or il s’agirait d’en faire le point de départ d’une approche globale de cette question car le déchet qui coûte le moins cher est celui qui n’est pas produit. 

Sortir de la logique productiviste

En fait, vous approchez les choses dans une logique productiviste où il y a d’un côté des consommateurs et de l’autres des producteurs, en partant du principe que les consommateurs sont obligés de consommer en subissant le joug des multinationales. Beau déterminisme de classe! Nous, nous ne voulons pas donner le message implicite d’un permis de polluer aux gens les moins favorisés économiquement. Cela reviendrait à les stigmatiser à nouveau : oubliés des politiques actuelles, ils seraient en plus responsables de l’impact sur les générations futures sur ce nouvel axe d’injustice qu’est l’enjeu climatique. 

L’écologie politique relie les questions environnementales, sociales et économiques ; elle promeut l’économie circulaire et le zéro déchet. Car l’enjeu est bien la création d’emploi pour lutter contre la pauvreté tout en valorisant les déchets ou en créant des filières économiques de réemploi et de circuit court ancrées localement. 

Une taxe qui récompense ceux qui produisent pas ou peu de déchets

Si vous êtes prêts au compromis, nous sommes prêts à travailler avec tous les partis qui souhaitent mieux prendre en compte l’enjeu des déchets et de leur coût pour devenir une commune pionnière en la matière. Nous pourrions ainsi promouvoir un système sans forfait de base vu son caractère inefficace pour limiter la production de déchets. Nous construirions p.ex. un système favorisant le zéro déchet avec une taxe au poids qui augmenterait progressivement selon les volumes produits tout en tenant compte, bien sûr, des situations sanitaires ou autres (p.ex. les langes non compostables).

Ainsi, au moins de déchet, au moins de taxe, et ceux qui produisent peu de déchets seraient récompensés. Cela orienterait la consommation vers des filières locales et zéro déchets et les rendrait du coup plus accessibles financièrement. Cela promouvrait l’économie du réemploi et les emplois locaux, le tout avec l’impulsion et le soutien des pouvoirs publics. C’est d’ailleurs une approche qui se retrouve dans la Déclaration de politique régionale. 

En l’état, par contre, nous ne soutiendrons pas votre texte.

Conseil communal du 27 janvier 2020

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